Toutes les bonnes choses ayant une fin, je viens de terminer The Medium et prendre ma première claque de l’année.
Sans même m’attarder sur la direction artistique qui monte en puissance tout au long de l’aventure pour finir en apothéose dans le dernier tiers du jeu, c’est surtout la narration qui m’a tenu en haleine jusqu’au bout. Là où les « modèles » de The Medium, comme Silent Hill 1 & 2, s’attardaient souvent sur une seule forme de sentiment pour créer les fondations narratives (au hasard, la culpabilité…), les choses prennent ici une autre dimension car l’histoire se focalise sur plusieurs destinées qui vont s’entremêler autour de plusieurs thématiques émotionnellement très fortes.
Le jeu traite en effet de choses difficiles, voire très difficiles (la pédophilie et les maltraitances infantiles, la collaboration pendant la seconde guerre mondiale, le basculement de la Pologne dans un régime communiste à partir des années 50 jusqu’en 89…) mais toujours avec une finesse d’écriture rare et une pudeur d’une justesse incroyable, démontrant un degré de maturité dans la production vidéoludique qui reste encore rare.


Studio Polonais également à l’œuvre sur Layers of Fear ou encore Observer, Bloober Team a clairement mis ses tripes dans le développement, en témoigne le petit laïus à la fin expliquant que ce projet était le plus personnel qu’il aient eu à réaliser à ce jour. The Medium est ce type de jeu qui reste longtemps dans un coin de votre tête et il me faudra certainement quelques jours pour digérer l’intégralité de ce que j’y ai vécu. On est sur ce type de production qui vous rappelle qu’aujourd’hui le jeu vidéo n’a parfois plus grand chose à envier au cinéma pour vous raconter une histoire en usant de ses propres codes.
Sur la partie gameplay, le titre se démarque par un gameplay original qui permet non seulement d’alterner entre deux versions du monde (la réalité et le monde spirituel) mais aussi de jouer dans les deux en même temps et en scindant l’écran en deux parties pour résoudre des puzzles. Si cette mécanique est très réussie, elle sera fera malheureusement au détriment du framerate qui toussera pas mal à certains moments. Rien qui ne permet d’entacher l’expérience en ce qui me concerne mais certains pourront le regretter.


Autre « petit » détail qui devrait également vous convaincre : Akira Yamaoka a participé à la BO du jeu aux côtés de Arkadiusz Reikowski, ce qui ne fait que mettre un peu plus en évidence le lien spirtuel qui relie The Medium à Silent Hill.
Comptez un peu moins d’une dizaine d’heures pour en voir la fin « correctement » en ayant creusé l’histoire et les indices, ce qui reste une durée de vie correcte compte tenu de l’expérience qui peut se révéler parfois assez éprouvante sur le plan psychologique. Comment ne pas recommander ce jeu ? Un indispensable de ce début d’année.

